L'édito du Dr Jean-Paul Ortiz

Assistants médicaux : un projet CSMF qui devient une mesure emblématique du PLFSS 2019 !

Edition du Médecin de France du 05 novembre 2018 

L’idée des assistants médicaux, sur laquelle nous travaillons depuis 2011, a été proposée par la CSMF au gouvernement en 2017. Elle reposait sur notre volonté de permettre aux médecins généralistes et spécialistes de consacrer leur temps de travail uniquement à leur expertise médicale. Ainsi un collaborateur du médecin, qui le déchargerait des taches en amont et en aval de la consultation, appelé l’assistant médical, pourrait permettre au médecin de se consacrer aux soins et ainsi palier à cette dérive bureaucratique tant décriée.

De notre projet, le gouvernement en a repris la substantifique moelle, car il a compris que cet assistant était un des moyens pour réorganiser la médecine de ville et permettre aux médecins d’assurer un meilleur accès aux soins, en attendant que l’élargissement du numérus clausus instauré depuis quelques années produise ses effets dans dix ans au mieux.

Malheureusement le gouvernement en fait un outil au service de ses ambitions politiques en proposant un accompagnement financier sous conditions pendant les trois premières années, comme l’obligation d’exercer en groupe ou d’être inscrit dans un exercice coordonné (type CPTS) alors que l’assistant médical est indispensable à tous les médecins, tout particulièrement s’ils exercent seuls.

Bien évidemment, la réflexion sur la pérennité financière de ces emplois doit être abordée au plus vite afin d’inciter les médecins libéraux à embaucher ces assistants médicaux, sans avoir la peur du lendemain. N’oublions jamais que le tarif opposable s’il permet l’accès aux soins à tous, est une limite pour la politique d’investissement des médecins libéraux. Cette incitation à embaucher des assistants médicaux devra être négociée dans le cadre conventionnel dans les semaines qui viennent. La CSMF fera tout pour en faire une mesure d’aide à la structuration et au développement de nos cabinets médicaux qui doivent être de véritables entreprises médicales libérales.

Dr Jean-Paul ORTIZ
Président de la CSMF

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