Se battre pour sauver la médecine libérale La contestation tarifaire lancée par la CSMF le 12 avril, contrairement à ce que prétendaient, il y a quelques semaines les responsables de l’Assurance Maladie, a pris une ampleur considérable. Tous les médecins de certains départements vont même jusqu’à annoncer collectivement leur participation au mouvement. Il faut continuer et ne pas mollir car ce que nous préparent les gens du pouvoir augure de sombres perspectives. Depuis le 16 avril, date à laquelle le chef de l’Etat annonçait, tambour battant, qu’il prenait en mains le dossier de la médecine libérale, rien de positif ni de concret ne s’est produit. Les seules actions du gouvernement ont été négatives ou coercitives. Elles ont consisté à mettre en place la taxation des feuilles de soins, le retour de la permanence des soins obligatoire, avec le règlement arbitral, à imposer unilatéralement la maîtrise comptable, à reporter d’un an de plus la revalorisation due aux médecins généralistes depuis 3 ans, à restaurer les clés-flottantes pour certaines spécialités et enfin, à confirmer les orientations négatives de la loi Bachelot. Il y a quelques jours, dans son rapport annuel, la Cour des comptes est montée au créneau pour dénoncer la convention médicale et le système conventionnel, jugeant intolérable le fait d’accorder aux médecins des revalorisations d’honoraires en contrepartie de leurs engagements. Pire, elle exige des baisses d’honoraires automatiques pour équilibrer le budget de la Sécu. Tous ces décideurs ne mesurent pas le rôle joué par la médecine libérale qu’ils voudraient détruire. Ils n’ont pas pris conscience de l’ampleur du désastre : 10% des jeunes seulement choisissent de s’installer en libéral! Dans un tel contexte, il faut nous mobiliser et nous battre pour défendre la médecine libérale. Nous n’acceptons pas que nos revenus deviennent la variable d’ajustement des déficits, ce qui n’existe pour aucune autre profession. Nous n’acceptons pas les promesses sans lendemain, ni les artifices qui consistent à différer la publication d’un décret, comme celui sur les autorisations d’absences, tout en conservant la mesure dans la loi pour pouvoir l’appliquer plus tard. Nous devons imposer le respect des médecins libéraux et ce respect commence par le respect des engagements pris : le C à 23 €, le C2 à 46 € et la rémunération de toutes les gardes et astreintes en cabinet comme en établissement, ne se discutent pas, ils doivent s’appliquer. La CSMF s’est engagée dans cette bataille, et contrairement à d’autres, elle ne négociera pas la suite, tant que les médecins n’ont pas obtenu leur dû. La médecine libérale est en danger. Il faut se battre pour la sauver. Dr Michel Chassang Président de la CSMF
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