Le virage ambulatoire, ce n’est pas absorber le coût des dépenses de l’hôpital !

Lors de la présentation des comptes de la sécurité sociale, on pointe systématiquement du doigt l’augmentation des dépenses des soins de ville, alors que la maîtrise médicalisée effectuée par les médecins libéraux participe largement à la réussite de l’ONDAM.

Or, chaque année, les prescriptions hospitalières exécutées en ville (PHEV) contribuent à grignoter la moitié de l’augmentation de l'ONDAM de ville. Entre 2010 et 2015, elles ont progressé de 6,3% en moyenne par an, contre 1,6% pour les soins de ville hors PHEV.

Les médicaments, y compris ceux délivrés par les pharmacies hospitalières, constituent la moitié des dépenses de PHEV. Entre 2013 et 2015, les dépenses de ces médicaments ont bondi de 69,6% ! L’innovation joue un rôle clé dans cette croissance avec l’arrivée de nouvelles molécules en 2014.

Pourquoi donc imputer ces dépenses, antérieurement hospitalières, aux soins de ville ? La médecine de ville n’a pas vocation à absorber la hausse des coûts inhérents au développement de thérapies innovantes. Déplacer le problème ne résout rien, et le gouvernement ne pourra pas se cacher longtemps derrière ce tour de passe-passe comptable.

La CSMF demande au gouvernement que les prescriptions hospitalières exécutées en ville soient clairement identifiées, isolées et ne soient plus affectées à l'enveloppe des soins de ville. Le virage ambulatoire, ce n’est pas le transfert des prescriptions hospitalières mais le transfert des moyens.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
06 07 86 08 83
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Jeudi, 29 septembre, 2016