Comptes de la Sécurité sociale : les moyens pour la médecine de ville, c’est pour quand ?

La CSMF, membre de la commission des comptes de la Sécurité sociale qui s’est tenue aujourd’hui, regrette que, comme chaque année, le rapport des comptes de la Sécurité sociale n’ait pas été adressé dans un délai raisonnable avant la réunion pour en prendre connaissance.

Le déficit de la branche maladie de la Sécurité Sociale devrait se réduire de 600 millions d’euros en 2016 pour atteindre 5,2 milliards d’euros, soit un milliard d’euros de moins que ce qui était prévu par le gouvernement malgré un ONDAM historiquement bas, à 1,75%, le taux le plus bas depuis 1998.

Cette performance est à mettre surtout au crédit de la médecine de ville qui, contrairement à ce que dit le ministère, n’a pas sur-exécuté le sous ONDAM de ville de 240 millions d’euros mais l’a sous-exécuté de 460 millions, puisqu’il faut prendre en compte les 700 millions qu’a coûté le Sovaldi (traitement de l’hépatite C) et qui ont été transférés des dépenses de l’hôpital vers la ville, infirmant les pseudo-bons résultats des établissements de soins (-160M€, mais sans le coût du Sovaldi).

En matière de maîtrise médicalisée, les médecins libéraux ont réalisé 85% des objectifs fixés, ce qui a permis de faire 600 millions d’économies. Seule la part des indemnités journalières reste plus élevée que l’objectif, progressant de 3,3%. Rappelons qu’elles ont progressé de 4,6% en 2014. Cette augmentation a deux causes majeures : la hausse des syndromes dépressifs et des troubles musculo-squelettiques, toutes deux liées au mal-être croissant dans le monde du travail, dont les médecins sont témoins chaque jour dans leurs cabinets.

Enfin, les honoraires des médecins libéraux n’ont augmenté que de 2,2% alors que les effectifs sont en baisse. Ce chiffre traduit donc un effet volume : les médecins libéraux travaillent de plus en plus pour répondre aux besoins de plus en plus complexes de leurs patients.

La CSMF dénonce l’attitude du gouvernement qui décharge l’hôpital par transfert d’activité sur la médecine libérale, sans lui donner les moyens réels de réaliser le virage ambulatoire pourtant nécessaire. Dans cette période de négociation conventionnelle, il est plus que temps qu’il entende enfin les revendications de l’ensemble des médecins libéraux.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Mardi, 7 juin, 2016