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Santé des femmes et des nouveau-nés : renforcer l’accès aux soins sans sacrifier l’expertise du médecin

Paris, le 26 octobre 2026

La lettre de cadrage ministérielle du 15 octobre 2026 ouvre la voie à de nouvelles négociations conventionnelles avec les sages-femmes. Elle prévoit notamment un alignement tarifaire des actes à compétences partagées avec les médecins et la valorisation d’une consultation longue consacrée à la ménopause.

La CSMF reconnaît pleinement le rôle essentiel des sages-femmes dans la santé des femmes, la prévention et la continuité des parcours. Leur engagement mérite reconnaissance et valorisation. La coopération entre sages-femmes, médecins généralistes, gynécologues et pédiatres constitue une force qu’il faut consolider.

Mais la complémentarité des compétences ne signifie pas leur interchangeabilité.

Le principe d’une rémunération égale à acte égal ne peut, à lui seul, tenir lieu de politique de santé. Un même intitulé de consultation ne suffit pas à rendre identiques la complexité des situations prises en charge, l’étendue de l’évaluation clinique et les responsabilités assumées. La formation et l’expertise du médecin doivent être pleinement reconnues.

Cette exigence est particulièrement forte en santé périnatale. Le suivi de la mère et celui du nouveau-né sont étroitement liés, mais chacun requiert une expertise propre. La place des pédiatres ne saurait être marginalisée dans l’organisation des parcours. Leur expertise dans l’examen du nouveau-né, le diagnostic et la prise en charge des pathologies doit être pleinement intégrée, en articulation avec les sages-femmes et les autres médecins. Renforcer la prévention ne dispense jamais de garantir un accès rapide à l’expertise pédiatrique.

Concernant la ménopause, la prévention et l’accompagnement ont toute leur place. Le repérage d’une pathologie, l’appréciation d’une situation complexe et les décisions thérapeutiques doivent s’inscrire dans un parcours garantissant le recours à l’expertise du médecin chaque fois qu’il est nécessaire. L’accès à cette expertise doit être organisé et effectif.

Améliorer l’accès aux soins ne doit jamais conduire à abaisser l’exigence de qualité et de sécurité pour les femmes et les nouveau-nés.

La CSMF demande que ces évolutions soient construites avec les représentants des médecins et des sages-femmes, en associant pleinement les pédiatres, dans le respect des compétences de chacun et avec des modalités claires de coordination et d’orientation.

La réponse aux difficultés d’accès aux soins passe aussi par le soutien aux cabinets médicaux et par le temps rendu aux médecins pour soigner. Elle ne peut se résumer à redistribuer les missions sans garantir les moyens de la coopération.

Ne dégradons pas, par démagogie, la qualité des soins en France. Reconnaître chaque profession, organiser leur complémentarité et garantir la place centrale de l’expertise du médecin : voilà l’exigence que la CSMF porte pour la santé des femmes et des enfants.

Docteur Franck DEVULDER

Président de la CSMF