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Communiqué de presse

Médecine esthétique : encadrer les pratiques sans condamner les cabinets existants

Paris, le 03 novembre 2026

La CSMF partage l’exigence d’un encadrement rigoureux des actes de médecine esthétique : formation adaptée, compétences vérifiées, information des patients, traçabilité et lutte résolue contre l’exercice illégal.

Elle entend les inquiétudes exprimées par le SNME et les représentants de la dermatologie. La sécurité des patients et l’amélioration de l’accès aux soins ne sauraient se résumer à un quota uniforme d’activité.

Il est indispensable de distinguer les conditions d’entrée dans cette activité de la situation des médecins qui l’exercent déjà. Imposer une réduction massive à des praticiens exerçant exclusivement depuis des années peut conduire à la fermeture de cabinets, sans garantie d’une offre de soins supplémentaire.

Les dispositions transitoires doivent tenir compte des parcours réels : un exercice établi depuis cinq ans et une pratique exclusive depuis trente ans n’appellent pas nécessairement les mêmes réponses. L’ancienneté, les engagements économiques, les emplois concernés et les conditions d’une éventuelle reprise de la spécialité initiale doivent être examinés. Cette reprise ne peut se décréter sans évaluation des compétences et, si nécessaire, accompagnement adapté.

La qualification des dermatologues doit être explicitement reconnue pour les actes de médecine esthétique relevant de leur formation et de leurs compétences, sans leur imposer une formation supplémentaire redondante ni une durée préalable d’exercice. Ces actes constituent une composante de leur spécialité et ne sauraient être considérés par principe comme une activité extérieure à celle-ci, nécessairement accessoire et soumise à un quota uniforme. Cette reconnaissance doit s’accompagner du respect des exigences communes de sécurité, d’information et de traçabilité.

La CSMF demande une concertation préalable et une démarche par étapes : préciser les actes et les professionnels concernés, évaluer les conséquences sanitaires et économiques, puis définir des règles proportionnées pour les nouveaux entrants et des garanties adaptées pour les praticiens déjà en exercice.

Elle s’oppose à des quotas dont l’utilité ne serait pas démontrée et à une transition qui ne ferait que différer la fermeture des cabinets. L’accès aux soins exige aussi de restaurer l’attractivité de l’ensemble des spécialités médicales.

Docteur Franck DEVULDER

Président de la CSMF