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Communiqué de presse

Accès aux soins : la coopération exige un cap

Paris, le 2 novembre 2026

À l’heure où le débat parlementaire sur le PLFSS 2027 va se poursuivre, dans un climat d’incertitude politique et budgétaire, la CSMF rappelle que l’accès aux soins exige une ambition claire pour la qualité et la coordination des prises en charge.

La publication des textes organisant l’expérimentation de l’accès direct aux infirmiers en pratique avancée exerçant en CPTS pose concrètement cette question. Dès le 1er décembre, dans six départements et pour cinq ans, des patients pourront consulter ces professionnels sans adressage médical préalable.

La CSMF défend les coopérations entre professionnels de santé. Les IPA ont toute leur place dans une organisation qui mobilise les compétences de chacun, améliore le suivi des patients et libère du temps médical. Mais cette coopération suppose un parcours organisé, des responsabilités claires et un lien effectif avec le médecin.

Pour la CSMF, l’accès direct aux IPA ne peut s’envisager que dans le cadre d’une collaboration formalisée avec un médecin ou une organisation médicale identifiée, notamment une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) ou une équipe de soins spécialisés (ESS). Le parcours doit être balisé en amont, avec des modalités explicites de recours au médecin et une continuité effective de la prise en charge.

L’appartenance à une CPTS ne suffit pas, à elle seule, à garantir cette organisation. Recevoir un patient puis le renvoyer vers un médecin avec un simple courrier ne constitue pas une coopération. La transmission d’un compte rendu est nécessaire, mais elle doit s’inscrire dans une collaboration réelle, permettant un échange clinique et un accès à l’expertise médicale dans un délai adapté à la situation du patient.

L’organisation retenue doit prévenir les prises en charge parallèles et les ruptures de suivi. Lorsqu’un médecin traitant est désigné, les modalités de collaboration doivent être explicites afin que le patient ne se retrouve pas au milieu de désaccords entre professionnels.

La CSMF demande que ces garanties soient au cœur de l’expérimentation et de son évaluation, en associant pleinement les médecins de terrain. Cette évaluation devra être transparente et mesurer la qualité et la continuité des prises en charge, les délais d’accès au médecin, la pertinence des prescriptions et les effets sur le recours aux urgences, au-delà du seul nombre de consultations réalisées. Elle devra également distinguer les patients ayant ou non un médecin traitant et documenter les réorientations vers un autre médecin généraliste, leurs motifs et leurs conséquences sur la continuité du suivi.

Aucune généralisation ne saurait précéder une analyse rigoureuse des résultats.

On ne répondra pas durablement au manque de médecins en organisant leur contournement. La complémentarité des compétences doit s’accompagner d’un investissement dans la médecine libérale, dans son attractivité et dans les moyens de la coordination.

La CSMF appelle les parlementaires et le Gouvernement à donner aux soignants les moyens de travailler ensemble et aux patients la garantie d’un parcours cohérent. L’incertitude budgétaire ne peut tenir lieu de politique de santé.

Docteur Franck DEVULDER

Président de la CSMF