Les installations libérales repartent. La contrainte n’a plus d’excuse
Le 11 juin 2026, l’Assurance maladie publiait son Observatoire de l’accès aux soins. Ce même jour, le Sénat examinait la proposition de loi Garot sur l’obligation à l’installation des médecins. Le hasard du calendrier est saisissant : au moment même où certains veulent instaurer de nouvelles contraintes à l’installation, les chiffres démontrent que la dynamique repart.
Les données sont sans ambiguïté. En 2025, 2 810 médecins généralistes ont réalisé une primo-installation en libéral, soit +32 % par rapport à 2024. Dans les zones sous-denses, ce sont 891 installations enregistrées, en hausse de près de 45 % en un an. L’Assurance maladie le reconnaît elle-même : ce rebond est une tendance de fond, appelée à se poursuivre dans les mois et années à venir.
Ces chiffres sont ni plus ni moins le fruit du travail des médecins.
La preuve la plus récente : la CSMF a signé l’avenant n° 2 à l’accord conventionnel interprofessionnel des maisons de santé pluriprofessionnelles (ACI-MSP), quand d’autres syndicats médicaux ont préféré refuser. Nous sommes fiers d’avoir consolidé le cadre de fonctionnement des quelque 3 000 MSP qui maillent aujourd’hui le territoire, des structures fondées sur l’initiative des médecins libéraux eux-mêmes, implantées en priorité là où les besoins sont les plus forts.
Par allieurs, l’Assurance maladie recense aujourd’hui plus de 9 300 contrats d’assistants médicaux actifs, dispositif co-construit et soutenu par la CSMF dès sa création en 2019. Ce succès démontre qu’il est possible d’améliorer l’accès aux soins en donnant aux médecins les moyens d’exercer davantage, plutôt qu’en limitant leur liberté d’installation.
Les données de l’Assurance maladie le confirment également : le Service d’Accès aux Soins couvre 98,5 % de la population. La permanence des soins ambulatoire (PDSA) couvre quant à elle 98% du territoire. Fondés sur le volontariat des médecins libéraux, ces deux dispositifs assurent ensemble une réponse aux soins non programmés 24h/24 sur l’ensemble du territoire.
Mais alors que ces outils commencent à produire pleinement leurs effets, la PPL Garot fait le choix inverse en substituant la contrainte législative, se traduisant par le pouvoir discrétionnaire de l’ARS ou par l’obligation de participation à la PDSA, à la logique conventionnelle qui fonde l’exercice libéral.
Les médecins libéraux n’ont pas attendu qu’on leur dicte leur conduite. Ils s’organisent, ils coordonnent, ils assument leur responsabilité territoriale. Ce sont eux qui font reculer les déserts médicaux, sans autorisation préalable de l’ARS, sans régulation administrative, sans contrainte.
En envoyant aux jeunes médecins un message dévastateur, que l’exercice libéral est un piège, ce texte risquerait de décourager les installations que les chiffres de l’Assurance maladie viennent tout juste de confirmer.
La CSMF le dit avec clarté : la dynamique est là, elle se confirme, elle doit être protégée.
L’accès aux soins se construira avec les médecins libéraux. Pas contre eux.
Docteur Franck DEVULDER
Président de la CSMF



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