Accès aux soins : un comité départemental… sans les médecins libéraux ?
Paris, le 5 août 2026
La Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF) prend acte de la publication du décret du 1er août 2026 relatif aux délégations départementales des agences régionales de santé. Ce texte renforce les compétences des directeurs départementaux des ARS et crée, dans chaque département, un comité de l’accès aux soins de premier recours coprésidé par le préfet, le président du conseil départemental et le directeur départemental de l’ARS.
La CSMF partage naturellement l’objectif d’améliorer l’accès aux soins et de rapprocher les décisions des réalités des territoires.
Mais une question essentielle demeure : comment organiser l’accès aux soins sans les médecins libéraux ?
Les médecins libéraux, généralistes comme spécialistes, assurent chaque jour la prise en charge de millions de Français. Ils sont les acteurs essentiels des soins de premier recours, mais également des parcours de soins spécialisés, de l’accès aux avis d’expertise, de la prévention, du suivi des maladies chroniques et de la coordination entre la ville et l’hôpital.
Pourtant, leurs représentants sont absents de cette nouvelle gouvernance. Les URPS, auxquelles la loi confie pourtant une mission d’organisation territoriale de l’offre de soins, ne sont pas mentionnées. Les syndicats représentatifs des médecins libéraux sont eux aussi écartés de cette instance.
Cette absence est incompréhensible.
Comment construire une politique territoriale de santé sans ceux qui assurent l’essentiel des soins ambulatoires ?
La CSMF s’interroge également sur l’articulation de cette nouvelle instance avec les organisations territoriales existantes – CPTS, SAS, associations de permanence des soins, filières territoriales de spécialités, ESS – qui reposent avant tout sur l’engagement des professionnels de santé.
À l’heure où notre pays souffre d’une pénurie de médecins, la priorité devrait être de renforcer l’attractivité de l’exercice libéral, de simplifier les conditions d’exercice et de faire confiance aux initiatives des professionnels, plutôt que d’ajouter un nouvel échelon de gouvernance administrative.
Les médecins libéraux ne peuvent pas être les grands absents de l’organisation territoriale des soins alors qu’ils en sont les principaux acteurs.
La CSMF demande que les représentants des médecins libéraux, généralistes comme spécialistes, et en particulier les URPS, soient pleinement associés à cette nouvelle gouvernance.
L’accès aux soins ne se construira pas sans les médecins libéraux. Il se construira avec eux.
Docteur Franck DEVULDER
Président de la CSMF

