Passer au contenu principal

Communiqué de presse

Rapport sur les alternatives aux urgences : un diagnostic utile, une méthode à revoir

Paris, le 20 juillet 2026

La CSMF prend acte du rapport remis au Gouvernement sur les alternatives aux urgences et la fluidification des parcours de soins.

Elle partage une grande partie du diagnostic. Le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques, les difficultés d’accès à l’aval hospitalier et les ruptures de parcours constituent aujourd’hui les véritables causes structurelles de l’engorgement des services d’urgence. La nécessité de renforcer les coopérations entre la ville, l’hôpital et le secteur médico-social est également une évidence. 

En revanche, la CSMF regrette profondément la méthode retenue.

Comment construire l’organisation des soins non programmés sans associer, parmi les personnalités qualifiées, les médecins libéraux qui assurent quotidiennement la permanence des soins ambulatoires, participent massivement à la régulation médicale du SAS et évitent chaque jour des milliers de passages aux urgences ?

L’absence de représentants de la médecine libérale dans cette mission interroge inévitablement l’équilibre des propositions formulées.

Certaines recommandations, comme l’harmonisation des horaires entre permanence des soins ambulatoires et permanence des soins en établissement de santé, méritent un débat approfondi avec les professionnels concernés. Elles ne peuvent être décidées selon une logique essentiellement hospitalière alors que les réalités de terrain diffèrent profondément selon les territoires et les spécialités. 

De même, renforcer les missions des médecins coordonnateurs d’EHPAD est une intention louable, mais encore faut-il répondre à la question essentielle de leur recrutement, alors que de nombreux postes demeurent aujourd’hui vacants. 

Pour la CSMF, la transformation des soins non programmés ne pourra réussir qu’à une condition : reconnaître pleinement la place de la médecine libérale comme acteur central de cette organisation.

Les médecins libéraux ne peuvent être seulement les destinataires des réformes ; ils doivent en être les co-concepteurs.

La CSMF demande donc l’ouverture rapide d’une véritable concertation  centrée sur les besoins du patient et tous les acteurs impliqués, en particulier l’ensemble des organisations représentatives des médecins libéraux 

Docteur Franck DEVULDER

Président de la CSMF