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La CSMF répond aux attaques de la Ministre de la Santé Version imprimable

Le choix rigide de l’idéologie étatique opposé à la bonne volonté des libéraux.

Dans une interview publiée dans le journal Le Monde daté du 4 décembre, la ministre de la santé se laisse aller à une attaque contre les syndicats médicaux et plus personnelle contre la CSMF sur la vaccination. Cette attitude est déplacée de la part de la ministre face à des médecins qui ne font rien d’autre que d’offrir leurs services. 

Alors que les Français découvrent l’organisation désastreuse et effrayante de la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1, avec des files d’attentes interminables et inhumaines, nécessitant même, comme à Lyon, l’intervention des forces de l’ordre pour éviter l’émeute, la ministre persiste à vouloir imposer son choix rigide des centres de vaccinations collectifs, en opposant de faux arguments et en ramenant le tout à une question d’argent.

En trois semaines, les « vaccinodromes » ont péniblement vacciné 1 million de personnes. Oui, les médecins généralistes et les pédiatres libéraux, pourraient vacciner 1 million de personnes par jour, en offrant toutes les garanties de traçabilité requises et de respect de la chaine du froid, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens, notamment en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg, en Suisse, en Grande- Bretagne et dans certaines régions d’Italie !

Dans ces pays, il n’y a pas de débat autour d’un prétendu surcoût lié à l’implication des généralistes !

Vouloir, comme vient d’ailleurs de le faire la CFDT, ramener l’implication des médecins dans la vaccination à une seule question d’argent est simplement scandaleux.

Pourquoi ? Parce que la ministre laisse croire que seuls les médecins libéraux coûteraient de l’argent tandis que son dispositif étatique serait gratuit.

Or, si nous regardons les choses d’un peu plus près, nous nous apercevons que la ministre n’avoue pas le coût réel de fonctionnement des centres de vaccination, et encore moins celui des gâchis qui s’y déroulent parfois comme par exemple en Lorraine où 500 doses de vaccins entreposées dans un frigo débranché ont été jetées, comme autre exemple les commandes de seringues inadaptées…

Ce que demandent les médecins libéraux est simple, c’est de vacciner à l’issue des consultations habituelles, comme ils le font pour la grippe saisonnière – ce qui ne plombe pas les dépenses de l’assurance maladie ! – et pour les personnes qui viendraient spécifiquement d’être rémunérés sur la même base que les médecins réquisitionnés dans les centres de vaccination. Dans les deux cas pour le patient comme pour la Sécurité Sociale, c’est une opération blanche !

Mais le problème de la ministre est ailleurs. Nous sommes en pleine idéologie. En repoussant l’offre de service des médecins libéraux qui n’aspiraient qu’à rendre service à leurs patients, la ministre expérimente grandeur nature l’étatisation du système de soins contenu dans sa loi « Hôpital Patients Santé, Territoires ». Sauf que la fin de la liberté de choix et le rationnement de l’accès aux soins aboutissent à des files d’attentes ! La CSMF avait dénoncé ces dangers.

Enfin, en écartant le médecin généraliste, qu’elle a pourtant voulu définir dans sa loi, comme un médecin de premier recours, la ministre le tient à l’écart de la prévention dont elle lui avait confié la responsabilité.

Enfin une question se pose : quelle stratégie est la plus économique pour les comptes de la Sécurité Sociale :

-impliquer les généralistes dans  la vaccination pour permettre une vaccination la plus large possible et ainsi stopper la pandémie, donc avoir moins de malades dans les cabinets médicaux,

ou

-continuer à dispenser la vaccination au compte goutte dans les centres, et payer les généralistes à consulter un nombre croissant de personnes malades car la pandémie galopera ?

L’échec de l’expérience grandeur nature que nous vivons aujourd’hui devrait inciter le gouvernement, à réviser son modèle et revenir à une vision plus pragmatique.

Notre système a besoin de souplesse pas de rigidité dogmatique ! La santé de nos patients est en jeu, sachons ne pas ne l’oublier !