CSMF Actu du 16 février 2018

CSMF Actu du 16 février 2018

Réforme du système de santé : les médecins libéraux indispensables pour éviter les « rafistolages »

Lors d'un déplacement au centre hospitalier d'Eaubonne (Val-d'Oise) ce 13 janvier, le premier ministre Edouard Philippe a dévoilé son plan de « transformation du système de santé », décliné en cinq grands chantiers : modes de financement, développement du numérique, formation des professionnels de santé, gestion des ressources humaines à l’hôpital et organisation territoriale de ces derniers.

Si la CSMF partage avec le gouvernement cette volonté de réformer un système de santé arrivé à bout de souffle, elle rappelle néanmoins qu’elle ne pourra être menée à bien sans le concours de la profession. Si cette dernière est prête à s’engager dans une démarche de qualité et de pertinence des soins, la Conf’ réaffirme son attachement à un paiement à l’acte prépondérant. En matière d’organisation territoriale de l’offre de soins, la CSMF invite les pouvoirs publics à se départir d’une approche hospitocentrée et à s’appuyer sur les acteurs de proximité que sont les médecins libéraux.

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La télé-expertise s’invite à la table des négociations conventionnelles

La télé-expertise, qui permet à un médecin de solliciter à distance l’avis d’un autre confrère, était à l’ordre du jour de la réunion qui s’est tenue le jeudi 15 février entre la CNAM et les partenaires conventionnelles. A cette occasion, l’Assurance maladie a avancé ses pions : toutes les spécialités seraient a priori concernées, mais la télé-expertise serait limitée aux patients en ALD ou atteints de maladies rares, à ceux résidant en zone sous-dotée ou en EHPAD. Outre le respect du parcours de soins, la CNAM a fixé plusieurs prérequis indispensables : l’information et le recueil du consentement du patient, le compte rendu obligatoire de l’acte avec inscription dans le dossier patient et la transmission de ce compte rendu au praticien requérant.

Côté rémunération, la CNAM suggère la mise en place d’une TLExp « simple » et d’une TLExp « approfondie », typologie établie en fonction de la teneur du travail fourni par le médecin sollicité.

Pour la CSMF, l’essor de la télé-expertise en France est conditionné à la juste valorisation de ce type d’actes, ce qui suppose de rémunérer le médecin sollicité, mais aussi le médecin requérant. La prochaine séance devra parler chiffres ! En outre, la Conf’ s’est inquiétée du fonctionnement des plateformes assurantielles et mutualistes, qui nuit gravement au respect du parcours de soins. Elle réclame la création d’un label, qui garantirait la conservation du secret médical, la protection des données de santé et la transmission des informations collectées aux médecins. Affaire à suivre…

DMP : après des années de balbutiement, le coup d’envoi ?

Lors du dernier numéro de Planète Médecins, Nicolas Revel a annoncé la généralisation du Dossier Médical Partagé (DMP) à l’ensemble du territoire dès l’automne prochain. Après une longue gestation, le DMP – destinée à améliorer la circulation de l’information entre les professionnels de santé - verrait-il enfin le jour ? La CSMF veut y croire, mais le déploiement réussi de cet outil reste conditionné à deux paramètres essentiels pour la profession : un fonctionnement simple et une utilisation valorisée. C’est en ces termes que le Dr Jean-Paul Ortiz s’est exprimé cette semaine dans les colonnes des Echos : "Si le DMP ressemble à une bibliothèque avec un tas de livres en désordre, son intérêt restera limité, c'est pourquoi il faut qu'il y ait un volet de synthèse médical rédigé par le médecin. Cela prend du temps à rédiger ; il faudra aller au-delà des incitations financières existantes".

Lire l’article des Echos

(Re-)voir le dernier numéro de Planète Médecins

En régions : les médecins libéraux franciliens signent une charte de confiance avec 10 plateformes de RDV en ligne

Le 15 février, dix plateformes de prise de rendez-vous en ligne (Alaxione, AlloDocteur, Calendovia, Doctolib, Docteur rendez-vous, Keldoc, LogicRDV, MadeforMed, Mon Docteur et Docavenue) ont signé avec l’URPS-ML d’Ile-de-France une charte de confiance. Elles s’engagent ainsi à respecter un certain nombre de bonnes pratiques et d’exigences réglementaires (respect de la déontologie médicale, absence d’avis de consommateurs sur les praticiens, non-association du praticien à des contenus publicitaires, etc.), et à ne pas conserver les informations collectées lors de la prise de rendez-vous, ni à les utiliser à des fins commerciales.

L’URPS-ML à l’origine du projet envisage d’actualiser son étude de marché en 2018 et veillera à ce que les engagements pris par les plateformes soient tenus. « Nous n’en resterons pas là et nous suivrons l’évolution des comportements des plateformes suite à la signature », avertit le Dr Luc Réfabert, membre de la commission « Nouvelles Technologies » de l’URPS élu CSMF.

Vaccins obligatoires : le nouveau calendrier est publié

L’épidémie de rougeole qui sévit en Nouvelle-Aquitaine depuis novembre 2017 a provoqué, cette semaine, le décès d’une jeune femme non vaccinée. Cet événement dramatique rappelle l’importance de la vaccination et la nécessité pour les professionnels de santé de faire reculer la défiance des Français vis-à-vis des vaccins.

Dans le nouveau calendrier vaccinal, figurent naturellement les onze vaccins obligatoires pour les enfants. Aux trois vaccins déjà obligatoires (diphtérie, tétanos et poliomyélite - DTP), s’ajoutent les huit vaccins antérieurement recommandés (coqueluche, ROR, Haemophilus influenza B, hépatite B, pneumocoque et méningocoque C). Ces vaccins, qui sont à administrer dans les 18 premiers mois de l’enfant, concernent les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Pour toute entrée ou maintien en collectivité de l’enfant à partir du 1er juin prochain, un justificatif de vaccination sera exigé. En cas de non-conformité, les parents disposeront d’un délai de trois mois pour y remédier.

Autres mises à jour : l’introduction de nouveaux vaccins disponibles sur le marché et un chapitre consacré aux populations spécifiques : femmes enceintes, nourrissons prématurés, personnes dites "immunodéprimées" et personnes âgées.

Consulter l’édition 2018 du calendrier vaccinal

E-santé : les Français lui réservent un accueil favorable, mais méconnaissent le sujet

Selon une enquête Odexa, le déploiement de la e-santé serait porteur d’espoir pour 63% des Français. En revanche, la plupart des sondés avouent mal connaître les innovations dans ce secteur : si 75 % des personnes interrogées ont déjà entendu parler de télémédecine et 74 % des objets de santé connectés, la majorité d’entre eux ignorent ce qu’est la chirurgie augmentée (62%) et le big data en santé (72 %).

Autre enseignement intéressant de l’étude : 65 % des Français voient d’un bon œil l’implication du secteur public dans le développement de la e-santé, la e-santé ne devant pas être l’affaire exclusive des entreprises privées.

Consulter l’enquête

Agenda
  • 28 février 2018 : Planète Médecins, émission consacrée à la délégation de tâches, à suivre en direct sur Fréquence M
  • 22 mars 2018 : Convention de Printemps du CNPS à l’Hôtel Crowne Plaza, 10 place de la République, 75 011 Paris – Inscription obligatoire
  • 1er et 2 juin 2018 : Les Printemps du DPC à Paris
  • 14, 15, 16 septembre 2018 : 24e Université d’été de la CSMF
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