CSMF Actu du 10 mai 2019

CSMF Actu du 10 mai 2019

Négociations assistants médicaux : rien n’est joué pour la CSMF

La CSMF a participé hier à la dernière et longue (7 heures !) séance de négociations au sujet des assistants médicaux. Si le texte comporte des avancées, il doit être encore analysé sur certains points.

Plusieurs dispositions significatives ont été obtenues, comme l’introduction du modèle – porté par la CSMF – d’un assistant médical pour un médecin, réservé aux zones sous-denses dans un premier temps, la notion de regroupement « fonctionnel » qui permet d’inclure les MSP multi-sites ou l’élargissement des spécialités éligibles au dispositif.

Cependant, un point de vigilance primordial demeure : la CSMF refuse l’idée d’une adhésion obligatoire à une CPTS pour bénéficier des aides à l’embauche pour un assistant médical.

La décision finale quant à la signature de cet avenant, dont le texte définitif est attendu en milieu de semaine prochaine, reviendra aux instances de la CSMF réunies en assemblée générale extraordinaire le 15 juin prochain.

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Les déserts médicaux ne doivent pas être un prétexte à l’ubérisation de la médecine

La CSMF a vivement réagi à la tribune publiée le 4 mai dans Le Journal du Dimanche et signée par 120 élus qui appellent à déréglementer le développement de la télémédecine pour lutter contre les déserts médicaux.

Si l’intention est louable, il est illusoire de croire que la télémédecine sera la panacée pour mettre fin aux problèmes d’accès aux soins dans les territoires. Une téléconsultation ne remplacera jamais une consultation en cabinet : ce n’est qu’un complément ou une alternance dans le cadre d’un suivi médical.

Ce texte révèle une vision très simpliste du système de santé français dans lequel la qualité, la coordination et le parcours de soins tiennent une place primordiale et nécessaire. La CSMF s’oppose à une ubérisation de la médecine et rappelle l’importance de soutenir la médecine de ville afin qu’elle développe une télémédecine de qualité et s’organise pour lutter contre les déserts médicaux.

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Observatoire de la ROSP des Généralistes-CSMF : donnez vos chiffres !

Comme l’an dernier, Les Généralistes-CSMF lance leur Observatoire de la ROSP pour montrer la réalité du terrain. Les médecins ont-ils réellement été perçus plus comme s’en félicite l’Assurance Maladie ? Leurs points ont-ils été bien attribués ?

Les Généralistes-CSMF regrettent que la ROSP reste une rémunération aléatoire et non une revalorisation stable des revenus des médecins généralistes qui leur permettrait d’investir.

La CSMF, depuis qu’elle a signé la convention, participe de nouveau au groupe de travail sur la ROSP à l’Assurance Maladie, et est particulièrement vigilante sur les mécanismes qui pourraient affecter la rémunération, ainsi que sur l’utilité des critères et leur application dans « la vraie vie ».

C’est pourquoi les données et remarques recueillies sont très importantes pour peser face à l’Assurance Maladie.

Compléter le formulaire de l’Observatoire de la ROSP des Généralistes-CSMF

Les sites secondaires : une réponse efficace pour réduire les déserts médicaux

A l’occasion du Congrès de la SFO qui ouvrira ses portes le 11 mai au Palais des Congrès (Paris), le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) présente une étude inédite sur l’exercice en multi-sites en ophtalmologie. Avec plus de 10 000 sites couverts par les 5 900 ophtalmologistes, les résultats montrent que les ophtalmologistes sont précurseurs sur ce mode d’organisation qui s’avère être une solution efficace pour renforcer l’accès aux soins sur tout le territoire, en synergie avec les délégations de tâches.

Si les exercices en clinique (56%) et à l’hôpital (17%) demeurent les sites d’intervention secondaires les plus fréquents de la profession, 8% des ophtalmologistes interviennent dans des cabinets secondaires, contre seulement 1% en maison de santé. Au 1er janvier 2018, la Drees recensait 10 500 sites pour les 5 900 ophtalmologistes, soit une augmentation de +22% depuis 2013.

L’exercice en multi-sites est une tendance forte pour l’avenir chez les ophtalmologistes : l’étude du SNOF dévoile que 25% de la profession seraient intéressés pour ouvrir un cabinet secondaire et 19% se disent prêts à reprendre un cabinet existant sans successeur, afin d’y ouvrir un cabinet secondaire.

Le développement de l’exercice en multi-sites est toutefois freiné par des conditions trop contraignantes : le SNOF demande donc le soutien des pouvoirs publics pour favoriser l’ouverture de sites secondaires.

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Médecins généralistes : un temps de travail moyen stable et une tendance au regroupement

Selon deux enquêtes de la Drees parues cette semaine, menées auprès de 3300 praticiens, les médecins généralistes libéraux travaillent 54 heures par semaine en moyenne (toutes activités confondues). Si cette durée est quasiment stable depuis 2014, il est à noter que 25% des répondants déclarent travailler plus de 60 heures.

L’agenda type du médecin généraliste en 2019 se compose ainsi : 52 heures sont consacrées à la pratique libérale dont 44,5 heures auprès des patients (dont 7h en visites), 5,5 heures pour la gestion et la coordination, 2h pour l’actualisation des connaissances, hors formation, et 2 heures pour des activités salariées (travail en EHPAD, vacation à l’hôpital). Une consultation dure en moyenne 18 minutes, une visite déplacement inclus 37 minutes.

La tendance au regroupement des médecins se confirme : 61% des généralistes interrogés travaillent en groupe avec d’autres professionnels de santé, médecins et/ou paramédicaux. Soit 7% de plus qu’en 2010. Sans surprise, ce sont les moins de 50 ans qui choisissent le plus l’exercice regroupé (81%), alors qu’ils ne sont que 57% chez les 50-59 ans et moins d’un sur deux (44%) chez les plus de 60 ans.

Le frottis c’est la vie ! Le SMPF se mobilise pour le dépistage du cancer du col de l’utérus

Le Syndicat des Médecins Pathologistes Français (SMPF) a décidé de remettre les pendules à l’heure concernant le dépistage du cancer du col de l’utérus et de s’attaquer aux fake news qui circulent sur ce sujet.

Toutes les études montrent que le test HPV manque de spécificité, ce qui veut dire qu’une positivité pour le virus HPV ne signifie pas cancer. Seul le frottis cervico vaginal fait le diagnostic de cancer. Avant 30 ans, voire 35 ans, le dépistage se fait par frottis, et au-delà un test HPV positif doit toujours s’accompagner d’un frottis de confirmation.

Le dépistage du cancer du col par frottis cervico vaginal est en place en France depuis des décennies, et grâce aux efforts des médecins généralistes, des gynécologues et des sages-femmes qui réalisent ces frottis, et des anatomo-pathologistes qui les analysent, l’incidence de ce cancer y est une des plus basses d'Europe. Ce fait est d’autant plus notable que la couverture vaccinale par le vaccin anti-HPV y est faible.

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La crise sociale remettrait en question le retour à l’équilibre de la Sécurité sociale

Un rapport du Haut conseil du financement de la protection sociale émet des doutes sur le retour à l’équilibre de la Sécurité sociale, prévu en 2019, en raison des mesures d’urgences pour répondre à la crise des « gilets jaunes » et à la dégradation de la conjoncture économique.

Le Haut conseil prévoit un déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse de 3,6 milliards d’euros en 2019 alors qu’il s’était établi à 1,2 milliard d’euros en 2018, selon le gouvernement. Parmi les causes qui expliquent :

  • la baisse du taux de CSG pour une partie des retraités et l'avancement au 1er janvier (au lieu du 1er avril) de l'exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires vont priver la Sécu de 2,6 milliards d'euros de recettes si elles ne sont pas compensées par l'Etat
  • « Les effets potentiels de la dégradation de l'environnement macroéconomique »
  • « La croissance du PIB pourrait être comprise entre 1,3% (prévision de la Commission européenne) et 1,5% (prévision Banque de France), tandis que la masse salariale pourrait ne progresser que de 3% au lieu des 3,5% attendus »

Interrogée au Sénat lors des questions au gouvernement, la ministre de la Santé, qui avait prévenu dès janvier que le retour à l'équilibre en 2019 était compromis, à rappeler « les efforts considérables qui ont été faits » pour réduire le déficit de la Sécu et « maintenant nous allons travailler tous ensemble pour améliorer ce déficit de façon à reprendre la trajectoire initialement prévue ». Que réservera le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’année 2020 ? A suivre…

Agenda
  • 23 mai : présentation du projet politique "Les Généralistes-CSMF" à Bordeaux à 20h00, au Novotel Bordeaux Lac, avenue Jean-Gabriel Domergue, 33 300 Bordeaux – Inscription
  • 28 mai : présentation du projet politique "Les Généralistes-CSMF" à Ajaccio à partir de 19h30, à l’Hôtel Best Western, 20 boulevard Georges Pompidou – 20 090 Ajaccio – Inscription
  • 29 mai : Univers Médecins, l’émission de la CSMF, à 19h30 sur Fréquence Médicale sur le thème de la santé en Europe
  • 14 et 15 juin 2019 : Les Printemps du DPC, à l’hôtel Ibis Clichy Batignolles, Paris 17 – Renseignements
  • 13, 14 et 15 septembre 2019 : 25e Université d’été de la CSMF au Palais des Congrès d’Antibes-Juan-les-Pins
  • 22 et 23 novembre 2019 : 3es Etats Généraux de la Médecine Spécialisée
  • Année 2019 : Formations ACFM « Médecins agréés pour les permis de conduire » : - Formation initiale des médecins agréés pour le contrôle médical de l'aptitude à la conduite / - Renouvellement d'agrément pour le contrôle médical de l'aptitude à la conduite - Calendrier et inscription
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