Rapport de la Cour des Comptes : la médecine de ville doit avoir les moyens d’organiser la prise en charge des urgences

Dans son rapport annuel, la Cour des Comptes analyse la situation des services d’urgences hospitaliers toujours trop sollicités et formule des recommandations. En effet, sur les plus de 21 millions de passages aux urgences, les Sages considèrent que 20 % environ des patients enregistrés aux urgences relèveraient de la médecine générale de ville. Parmi les solutions préconisées pour améliorer cette situation, elle propose de renforcer la permanence des soins en ville qui pourtant en fait déjà beaucoup dans le cadre des gardes.

Les Sages de la rue Cambon auraient également pu s’intéresser à l’activité dans les cabinets de médecine générale, qui voient déjà un grand nombre de patients en soins non programmés, évitant ainsi le recours aux urgences hospitalières en particulier pendant les heures d’ouverture des cabinets médicaux. Mais renforcer la permanence des soins en ville ne fera que renforcer la sollicitation des médecins libéraux à l’heure où ceux-ci sont surchargés et très sollicités, et où la médecine libérale attire de moins en moins, tout particulièrement en médecine générale.

Il est surtout surprenant que la Cour des Comptes ne propose que de renforcer les obligations et les sollicitations de la médecine de ville et ne parle pas des moyens nécessaires. Son rapport précise que le coût moyen pour l’Assurance Maladie pour un passage aux urgences sans hospitalisation, quel que soit le degré de gravité de la pathologie du patient, est de 148 €. Lorsque l’on ne prend que les passages correspondants à des consultations simples, sans aucun examen complémentaire, ce coût varie de 115 à 150 €. Faut-il rappeler que la consultation en ville est aujourd’hui à 25 € pour les médecins généralistes ?

Ce n’est donc pas que l’activité qu’il faudrait orienter vers la médecine de ville, mais surtout les moyens nécessaires qui permettraient aux médecins de s’organiser pour bien prendre en charge ces passages aux urgences que les Sages de la rue Cambon dénoncent. Et accompagner cela d’une information des usagers pour une bonne utilisation du système de santé.

Éviter un recours excessif aux urgences oui, encore faut-il en donner les moyens à la médecine de ville !

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Jeudi, 7 février, 2019