Grippe : la médecine de ville une nouvelle fois oubliée !

Cette année encore, les médecins doivent faire face à une forte épidémie de grippe dans tout le pays. En quatre semaines, 784.000 personnes ont consulté un médecin de ville pour ce motif.

La ministre de la Santé a bien sûr réagi et, au lieu de soutenir les médecins libéraux et saluer leur dévouement professionnel, se pose en donneuse d’ordre leur demandant de traiter le plus possible les malades « à leur cabinet ou au domicile » et de « n'adresser à l'hôpital que ceux qui ont a priori besoin d'être hospitalisés » !

Nul besoin de ce conseil… c'est évidemment déjà ce qu'ils font, conscients de leur rôle dans cette situation de crise. Quelle méconnaissance de la réalité de terrain et quel mépris à l’égard des médecins libéraux !

Alors que l’hôpital est présenté comme l’unique recours, et d’ailleurs le seul remercié par le président de la République, la CSMF rappelle que plus de 90% des cas sont pris en charge par la médecine de ville, en particulier les médecins généralistes qui font face aussi à un afflux de demandes en soins de la population. Au lieu d’énoncer des évidences pour masquer leurs insuffisances, Marisol Touraine et les services du ministère devraient mieux anticiper une crise qui revient chaque année !

L’engorgement des hôpitaux s’explique notamment par :

  • Le manque de prévention et les messages contradictoires des pouvoirs publics sur la vaccination. Résultat, seuls 52% des 65 ans et plus se sont fait vacciner contre la grippe saisonnière 2015-2016, bien loin de l’objectif de 75% !
  • Le manque de moyens attribués à la médecine de ville en matière de prévention. L’expérimentation de la détention du vaccin contre la grippe dans les cabinets de médecins généralistes a été censurée dans le PLFSS. Au-delà, la CSMF réclame la mise en place de véritables consultations dédiées à la prévention, notamment vaccinale.

La situation actuelle démontre combien une vraie politique vaccinale et un virage ambulatoire avec les moyens nécessaires sont indispensables. Au gouvernement de prendre ses responsabilités.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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jp.ortiz@csmf.org

Jeudi, 12 janvier, 2017