L’hôpital, pivot du système de santé : surtout pas !

Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), M. Frédéric Valletoux, estime, dans une interview au journal Les Echos parue ce jour, « qu’il faut sans doute être plus ferme avec les généralistes sur les questions de l’installation ».

Au lieu de systématiquement pointer du doigt la médecine de ville, regardons la réalité en face. Le manque de médecins libéraux se fait généralement sentir dans des zones où l’hôpital a aussi des problèmes de recrutement. Pour rappel, de nombreux postes de médecins sont vacants dans les établissements hospitaliers. En médecine de ville comme à l’hôpital, il est difficile d’attirer des praticiens dans des zones où l’Etat s’est souvent lui-même désengagé des services publics. De plus, l’exercice libéral s’est compliqué, avec des contraintes de plus en plus fortes, et des difficultés liées à l’installation se confirment aussi dans les hyper centres-villes.

Aujourd’hui, le véritable enjeu est de rendre la carrière de médecin libéral attractive, par une série de mesures incitatives qui répondent à la problématique plus large de « vie professionnelle du médecin ». Dans ce contexte, « être plus ferme » sur l’installation en libéral détournerait encore plus les jeunes médecins de choisir cette voie, alors que l’âge moyen d’installation en médecine libérale est de presque 40 ans.

Un système de santé cohérent ne doit pas reposer sur l’hôpital mais au contraire sur la médecine de ville, pivot pour maintenir à domicile les populations à risque et éviter les recours inutiles à l’hôpital.

C’est pourquoi il faut tout sauf de la fermeté, mais le développement des mesures incitatives et un accompagnement accru en faveur de la médecine de proximité, généraliste et spécialiste, pour la replacer au cœur de la prise en charge du patient.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Lundi, 17 octobre, 2016