Commission des comptes de la Sécu : une amélioration comptable qui cache une crise majeure

Ce matin s’est tenue la Commission des comptes de la Sécurité sociale. La médecine de ville a respecté en 2015 un ONDAM extraordinairement serré. La maîtrise médicalisée effectuée par les médecins libéraux participe largement à la réussite de l’ONDAM, alors que près du quart des dépenses comptabilisées dans l’enveloppe « soins de ville » sont prescrites à l’hôpital.

Les dépenses des prescriptions hospitalières exécutées en ville (PHEV) progressent en effet à un rythme d’évolution soutenu, quatre fois supérieur à celui des soins de ville. Elles représentent en 2015 22% de l’enveloppe « soins de ville ». Entre 2010 et 2015, elles ont augmenté de 6,3%, alors que les soins de ville ont progressé seulement de 1,6%. Au total, en quatre ans, plus de 50% de la croissance des dépenses de soins de ville sont dues aux augmentations des dépenses des PHEV.

Les évolutions tarifaires inscrites dans la nouvelle convention, qui ne sont qu’un réajustement après des années de blocage, sont donc largement en dessous des efforts consentis par les médecins libéraux depuis de nombreuses années.

Le virage ambulatoire n’est pas l’exécution en ville des prescriptions hospitalières, mais l’attribution de moyens suffisamment importants pour restructurer l’organisation de la médecine de ville.

Les prévisions d’un ONDAM de ville à 2,2%, contre 2% pour l’hôpital, permettront-elles ce transfert des moyens nécessaires pour le virage ambulatoire, étant donné l’impact que peuvent avoir les PHEV ?

Pour la CSMF, les vertueux de la maîtrise des dépenses de santé méritent bien plus pour mettre enfin un terme à la crise de la médecine libérale.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Vendredi, 23 septembre, 2016