Accès aux médecins libéraux : la CSMF dénonce les solutions caricaturales de l’UFC-Que choisir

L’UFC-Que choisir a publié ce jour une étude sur l’accès aux médecins libéraux, dans laquelle elle constate « l’échec » des politiques de lutte contre les déserts médicaux et d’encadrement des dépassements d’honoraires des médecins libéraux.

Concernant les compléments d’honoraires et le contrat d’accès aux soins (CAS), les remarques de l’UFC-Que choisir sont contredites par les chiffres de l’Assurance Maladie. En effet, selon les données de la CNAM, alors que les taux de dépassements d’honoraires progressaient de presque 2 points par an à la fin des années 2000, ils baissent d’environ 1 point par an en moyenne depuis 2013. Après vingt ans de hausse ininterrompue, le taux de dépassement des médecins de secteur 2 s’est stabilisé en 2012 et amorce une baisse en 2013, qui s’est accélérée en 2014 et 2015. Pour l’ensemble des médecins de secteur 2 (y compris adhérents CAS), le taux de dépassement passe de 55,4% en 2012 à 54,1% en 2014 et à 53,3% à fin 2015.

Quoi qu’en dise l’UFC-Que choisir, les faits sont têtus ! Le CAS est un dispositif à revisiter et améliorer, mais qui a permis une diminution des compléments d’honoraires.

L’étude pointe aussi du doigt les problématiques de démographie médicale, estimant les mesures incitatives à l’installation des médecins libéraux insuffisantes et appelant de ses vœux un conventionnement sélectif. Il est temps de prendre conscience des problèmes dont souffrent certaines spécialités aujourd’hui, au-delà de la médecine générale, dans certaines zones géographiques.

Ces déficits de médecins sont le résultat d’un manque d’attractivité du statut de médecin libéral et ce n’est pas des contraintes supplémentaires, telles le conventionnement sélectif dont rêve l’UFC-Que choisir, qui favorisera l’engagement des jeunes générations dans la médecine libérale.

La CSMF dénonce ces vraies mauvaises idées qui appartiennent au passé. Les difficultés d’accès aux soins sont multifactorielles, et vont bien au-delà des questions de coût ou de distance géographique. Seules des mesures novatrices (favoriser le regroupement, développer la télémédecine et l’e-santé, donner plus de temps médical et alléger les charges administratives, revaloriser le métier et son expertise, mieux organiser le temps de travail préservant vie personnelle et familiale…) permettront une meilleure attractivité de la médecine libérale, dans le cadre d’une politique globale d’aménagement du territoire, et garantiront un maillage territorial de l’accès pour tous à la médecine libérale.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Jeudi, 30 juin, 2016